Je te hais

hate


 


 


Je te hais d’avoir ôté ma carapace


Je te hais de dévoiler mon autre face


 


Je te hais pour tes mots qui m’apaisent


Je te hais pour tes yeux de braise


 


Je te hais de m’avoir fait pleurer


Je te hais de m’avoir déboussolé


 


Je te hais pour tes différences


Je te hais pour ton insolence


 


Je te hais pour ton parfum qui enivre


Je te hais de me sentir revivre


 


Je te hais pour ces lâchers prise


Je te hais pour ta sensuelle emprise


 


Je te hais pour toute cette tendresse


Je te hais pour ces douces caresses


 


Je te hais pour ces cruelles morsures


Je te hais pour tes folles griffures


 


Je te hais pour ta langue dans ma bouche


Je te hais pour tes doigts qui me touchent


 


Je te hais pour tes mains sur mon torse


Je te hais quand tu graves l’écorce


 


Je te hais quand ce frisson me parcoure


Je te hais pour ce foutu temps qui courre


 


Je te hais pour ce manque qui me ronge


Je te hais quand tes absences se prolongent


 


Je te hais pour ces envies qui naissent


Je te hais pour ces départs qui blessent


 


Je te hais par ce que je t’aime…


 


Je t’aime parce que je te hais…


alphabet déteste

Coeur de l'amour ou ailes de l'enfer

Suite à la dédicace de mon amie Aimée, http://pfaffaimee.bloguez.com/, j'ai cherché les mots que je pouvais mettre. Pas facile comme exercice, d'autant que la période était peu propice à la création.


Pourtant je viens d'accoucher de ces vers, que je livre tous chauds à vous lecteurs avides, avant de regretter de raturer et de reprendre…. Ô bien sûr j'ai un peu raté l'exercice, trop influencé que je suis par la vie tout autour, mais en regardant une nouvelle fois la toile, ces mots peuvent en être une libre interprétation… A vous de juger et de m'en dire deux mots dans vos commentaires.


 


Cœur de l’Amour ou ailes de l’enfer


 


 


Les mains liées, les deux genoux à terre


Ton regard suppliant qu’enfin il considère


Que dans nos vies n’existent pas les hasards


Juste quelques rendez-vous avec nos histoires.


 


Tu voudrais tant qu’enfin il t’aime sans effroi


A l’heure où sur ta vie souffle le chaud, le froid


Mais son regard fuyant assassine tes espoirs


De le voir en confiance tout près de toi s’asseoir.


 


De cet Amour à mort tu ne sais plus que faire


Quand, sur le départ, il revêt les ailes de l’enfer


Quand pas même un mot, pas le moindre regard


N’accompagnent le bruit de ses pas dans le noir.


 


Las, cette douce folie, cette cruelle morsure


Est le cœur de l’amour faisant battre ta blessure


Petite proie blessée dans les serres de celui


Qui d’un unique regard, pour toujours t’a séduit…


 


Ne l’implore pas pudique cela le ferait fuir


Ne t’éloigne point trop, laisse le s’attendrir


On ne dompte pas ainsi le cœur des prédateurs


On l’apprivoise tout juste, à force de douleurs


 


A la vie, à la mort, à l’amour, mène ce combat !!


Que d’autres pensent perdu, auquel toi tu crois…


Et prie que ce courage un jour porte ses fruits


A moins que le papillon, par la fenêtre, ne s’enfuie…


 


 

La valise bleue

Il portait dans sa valise bleue


De petits trucs de petit vieux


Quelques courts morceaux de vie


Et une ou deux photos jaunies.


 


Il portait dans sa valise bleue


Une histoire, un passé, des aveux


Des baisers, des caresses, des murmures


Des maux, des rires, des larmes bien sûr.


 


Il portait dans sa valise bleue


Tout ce que d’autres gardent en eux


Des plaies, des bosses, des blessures


Des amis, des amours, des morsures.


 


Fatigué, il s’arrêta en chemin


La valise lui échappa des mains


Une jeune inconnue passant par là


La vida sans scrupule et l’emmena.


 


Elle chemine désormais comme ce petit vieux


Remplissant en chemin la vieille valise bleue


De toutes ces choses qui font une vie


Pas à pas la valise bleue s’alourdit…


 


valise bleue

Inconnue

Inconnue


Qui es-tu ?


Le souffre au goût de miel


La folie avec les pieds sur terre


La différence derrière l’indifférence


La chaleur du cœur derrière ton apparente froideur


La douceur derrière la morsure


Le plaisir derrière la douleur


Inconnue


Qui es tu ?


Le feu et la glace…


 


inconnue


Secret coquillage

Le murmure de vos mots pour apaiser mon âme


Le silence d’un regard pour la blesser, Madame…


A l’heure où la mer se voile de blanche mousse


A l’heure où la lune se pare d’une belle robe rousse


J’approche mon oreille d’un curieux coquillage


Qui me parle de l’écume laissée en votre sillage


De votre silhouette volant, si gracieuse, si fragile


Au gré du vent froid de noroît, d’estuaires en iles.


Vous revenez donc hanter les lieux de ma retraite


Madame, j’hume le parfum de nos cuisantes défaites,


De nos victoires jouissives, de nos étreintes passées


Des paroles, des serments, promesses irraisonnées


Du bruit de nos cœurs battant chamade à l’unisson,


Le goût de sang laissé par le retour à nos raisons…


Et tout cela me laisse froid comme le marbre…


lune

Naufrage

Trop de nuits vides et blanches fumées en volutes bleutées


De blondes cigarettes se consumant aux lèvres d’un cendrier.


Trop de nuits troubles et blanches noyées en vapeurs d’alcool


De tristes matins glacés, réveils éthyliques, aspirine, vitriol


 


A l’aube d’un nouveau jour, il est temps d’enfin  tourner la page


Restée collée au chapitre du Passé, orgies de glorieuses ingénues


Esprit vagabond, perdu dans les dentelles d’impudiques corsages


Corps échoué contre d’autres corps aux peaux blanches et nues.


 


Pas à pas, yeux fermés, funambule cheminant au bord de la falaise


Insensible aux colères du vent et des flots gris déchainés alentours


Avec pour seul guide des lambeaux de ton âme, rousse irlandaise


A la main une plume, pour repaire un phare et la mer tout autour.


 


Non je ne titube plus, désormais mon menton, fier, se relève


Et mes yeux s’ouvrent sans honte, scrutent avidement l’horizon


Comme si allait surgir de cette brume et s’échouer sur la grève


Une messagère, une amie, une guerrière, une sirène sans nom…


 


Et je respire, jusqu’à l’overdose, l’air marin, tout chargé d’embruns


Emplissant mon corps frémissant de ces mille parfums de voyages


D’iode, d’épices, de sang, de sueur, venus de ces horizons lointains


Et les enfouis en moi, dans mon âme, pour faire face au naufrage…


 


naufrage


Parabole de l'ange noir

Derrière son sourire pâle se cachait la tristesse,


Sur sa joue une larme coulait de temps en temps.


Sillonnant les bas-fonds, les ultimes bassesses


Respirant le bonheur l’espace d’un court instant


 


Relève le défi des mots, doigts courant sur le clavier


Tombent les masques et s’entrouvrent les cœurs


Puis choisir de se taire, sourd, au détour d’un heurt


Laisser naître du silence des paroles plus sensées.


 


A bout de souffle, éreinté de ces virtuelles étreintes


A sa tempe le canon gris et froid, main tremblante


Une seule balle cependant, toutes lumières éteintes


Roulette russe, jeu de la mort, minutes indécentes


 


Comment briser les chaines entravant son envol ?


Ange noir menotté à sa maigre existence volatile


Sur la terre comme au ciel prisonnier de son rôle


Aliéné condamné à l’errance, corps et âme en exil.


 


ANGE NOIR


Miroir

oeil coeur


 


Je plonge, inconscient, mes yeux dans ton regard


Me noyant dans tes larmes, pupilles bohémiennes


Le miroir de ton âme devient mon propre miroir


Et j’y lis une histoire tant semblable à la mienne


Qu’il en devient troublant d’effeuiller tes pensées


J’y vois peines et sourires, j’y découvre détresse


Des passions, des amours conjugués au passé


Des blessures profondes, des paroles vengeresses


Un cœur qui saigne encore, des sentiments enfouis


Des envies qu’on oublie, des souvenirs perdus


De vaines promesses, de douloureuses trahisons


Des fantasmes inassouvis, de vieux rêves déchus


De l’infidélité, des caresses impudiques, Ô déraison


Des baisers doux et fous, des parenthèses volages


Des amitiés naissantes, tant d’autres qui se meurent


Incompris, sacrifiés sur l’autel des folies de passage


Et toujours l’ennui, assassin, qui égrène nos heures…


 


Je lève les yeux au ciel, troublé par cette vérité


De nos vies bien mal faîtes, illusoires carcans


Plongé dans ton regard, le miroir en moi a réveillé


Des rêves d’ailleurs exhumés de mes rêves d’enfants.


 


oeil miroir


Amante liée

Nous voici, tous les deux, étroitement liés


Par nos corps, par nos cœurs, par nos âmes


Par nos sens pris aux pièges, esprits torturés


Par la passion nous dévorant de ses flammes


Pauvres êtres succombant aux plaisirs de chair


Agonisant d’orgasmes en des couches variées


Toi qui baisse les yeux devant mon regard fier


Murmurant quelques mots, étincelles, apeurée


Consentante à ses jeux, à ces nouvelles règles


Dont les seules limites sont celles de nos plaisirs


Je me tiens là indécent, tu te dandines espiègle


En fusion nous emmêlons fièvre, envies et désirs


Je ne suis plus conscient, et toi tu t’abandonnes


Aux impudiques caresses que dessinent mes doigts


Tes jambes enserrent mes hanches, elles ordonnent


Que je glisse entre tes cuisses et me perde en émoi


Et je me perds en toi, avide, et toi tu me réclames


La fougue de nos baisers, nos griffures, nos morsures


Ecorchés insatiables, jusqu’à ce que nous giclâmes


Nos jouissances, essoufflés. Puis dans un murmure


Tu t’abandonnes lascive, tout contre moi  tremblante


J’entends résonner ton sourire, l’étincelle de tes yeux


Mon cœur cogne fort au creux de ma poitrine, Amante


Enfin, nous voici apaisés voguant en d’autres lieux


 


amante

Agen

pont canal


 


Ô bonne vieille ville de France


Dans tes rues j’ai traîné ma dégaine


De bars de nuit en pistes de danses


La fièvre au corps et dans les veines


Coulait la vie, coulait l’ivresse…


 


Ô bonne vieille ville de France


Dans tes rues j’ai brûlé ma jeunesse


Titubant de transes en transes


Parmi tous ces gens qui vous blessent


A coups de gueule, à coups de poing…


 


Ô bonne vieille ville de France


Dans tes rues je me suis endormi


Trop fou, trop saoul, ô indécence !!


Et au matin suis reparti


Vivre ma vie, vivre mon ennui…


 


Ô bonne vieille ville de France


Dans tes rues j’ai croisé cette femme


Qui a guéri mon insouciance


Mes bleus au corps, mes bleus à l’âme


Coule l’Amour, meurt ma peine…


 


Ô bonne vieille ville de France


Tes rues ne sont plus qu’un souvenir


Déjà quinze ans que mon errance


M’a trainé loin de toi pour devenir


Une âme seule, une âme blessée…


agen