Secret coquillage

Le murmure de vos mots pour apaiser mon âme


Le silence d’un regard pour la blesser, Madame…


A l’heure où la mer se voile de blanche mousse


A l’heure où la lune se pare d’une belle robe rousse


J’approche mon oreille d’un curieux coquillage


Qui me parle de l’écume laissée en votre sillage


De votre silhouette volant, si gracieuse, si fragile


Au gré du vent froid de noroît, d’estuaires en iles.


Vous revenez donc hanter les lieux de ma retraite


Madame, j’hume le parfum de nos cuisantes défaites,


De nos victoires jouissives, de nos étreintes passées


Des paroles, des serments, promesses irraisonnées


Du bruit de nos cœurs battant chamade à l’unisson,


Le goût de sang laissé par le retour à nos raisons…


Et tout cela me laisse froid comme le marbre…


lune

Naufrage

Trop de nuits vides et blanches fumées en volutes bleutées


De blondes cigarettes se consumant aux lèvres d’un cendrier.


Trop de nuits troubles et blanches noyées en vapeurs d’alcool


De tristes matins glacés, réveils éthyliques, aspirine, vitriol


 


A l’aube d’un nouveau jour, il est temps d’enfin  tourner la page


Restée collée au chapitre du Passé, orgies de glorieuses ingénues


Esprit vagabond, perdu dans les dentelles d’impudiques corsages


Corps échoué contre d’autres corps aux peaux blanches et nues.


 


Pas à pas, yeux fermés, funambule cheminant au bord de la falaise


Insensible aux colères du vent et des flots gris déchainés alentours


Avec pour seul guide des lambeaux de ton âme, rousse irlandaise


A la main une plume, pour repaire un phare et la mer tout autour.


 


Non je ne titube plus, désormais mon menton, fier, se relève


Et mes yeux s’ouvrent sans honte, scrutent avidement l’horizon


Comme si allait surgir de cette brume et s’échouer sur la grève


Une messagère, une amie, une guerrière, une sirène sans nom…


 


Et je respire, jusqu’à l’overdose, l’air marin, tout chargé d’embruns


Emplissant mon corps frémissant de ces mille parfums de voyages


D’iode, d’épices, de sang, de sueur, venus de ces horizons lointains


Et les enfouis en moi, dans mon âme, pour faire face au naufrage…


 


naufrage


Parabole de l'ange noir

Derrière son sourire pâle se cachait la tristesse,


Sur sa joue une larme coulait de temps en temps.


Sillonnant les bas-fonds, les ultimes bassesses


Respirant le bonheur l’espace d’un court instant


 


Relève le défi des mots, doigts courant sur le clavier


Tombent les masques et s’entrouvrent les cœurs


Puis choisir de se taire, sourd, au détour d’un heurt


Laisser naître du silence des paroles plus sensées.


 


A bout de souffle, éreinté de ces virtuelles étreintes


A sa tempe le canon gris et froid, main tremblante


Une seule balle cependant, toutes lumières éteintes


Roulette russe, jeu de la mort, minutes indécentes


 


Comment briser les chaines entravant son envol ?


Ange noir menotté à sa maigre existence volatile


Sur la terre comme au ciel prisonnier de son rôle


Aliéné condamné à l’errance, corps et âme en exil.


 


ANGE NOIR


The flame still burns




 


Bloggeuses, blogueurs,


 


Un peu de musique au Phare avec cette chanson intitulée « The flame still burns ».


J'adore ce morceau notamment pour les riffs de guitares et la voix du chanteur.


Je l'ai découvert en découvrant, la comédie britannique  de 1988, « Still Crazy » qui retrace le parcours de musiciens décidant de reformer leur groupe de rock, les Strange Fruits, dissoud quelques années plus tôt suite à des querelles intestines et internes !! Oui ce n'est pas un chef d'oeuvre contemporain mais on passe un bon moment… A voir au moins une fois pour complèter une culture cinématographique hétéroclite !!


 


Et puis cette expression la flamme brille toujours… Eh oui quoiqu'il se passe, malgré bourrasques, tempêtes, déferlentes et naufrage, il y a toujours une petite flamme qui brille… pour maintenir la vie et l'Espoir…


 


Alors gardons tous à l'esprit cette petite flamme qui éclaire nos pas même dans les moments les plus sombres de notre vie…


 


Bonne continuations !!


 





 


 


 

Entre chien et loup

entre chien et loup


 


Entre chien et loup, c’est comme ça que se nomme cet instant magique où le soleil plonge définitivement dans les limbes de l’océan, il ne fait plus vraiment jour mais pas encore vraiment nuit.


Les silences de la nuit  baignés par les dernières lueurs du jour.


La mer grise fait une pause dans son inlassable va et vient, les goélands cessent leurs vols pour nicher au creux des rochers, les crabes se retirent dans les entrailles de la terre, les coquillages se recroquevillent dans leurs carapaces.


C’est à cette heure que je m’apaise, assis sur les galets de la petite crique, au pied du phare qui inonde de sa lumière les horizons inconnus.


J’allume ma pipe, l’odeur sucrée du tabac se mélange à celle iodée qui baigne l’endroit, mélange de parfum qui invite au voyage de l’âme.


Mes yeux tour à tour se perdent dans les profondeurs abyssales de l’eau devenue noire et dans l’immensité étoilée des cieux.


Le temps semble un instant arrêter sa course comme pour saluer l’instant…


 


C’est alors qu’elle arrive lentement s’échouant sur le rocher, luisante de gouttes d’eau qui perlent sur ses écailles, sa longue chevelure brune mêlées d’algues multicolores, ses grands yeux aux pupilles noires comme des perles, sa fine bouche rouge corail et son sourire envoûtant… Vous l’avez bien compris j’ai moi aussi cédé au doux chant des sirènes, mais celle là est mienne, muse de mes folies, amante bohème, amie fidèle, amoureuse éperdue… Nous nous sommes apprivoisés à force de mots murmurés entre chien et loup, ou par des nuits sans lune où, à l’abri de regards bien mal intentionnés, nous unissions nos mondes à travers un baiser, une douce caresse, une délicate étreinte.


 


Si mon histoire vous semble folle, sans doute avez-vous perdu votre âme d’enfant de celle qui d’un mot sait construire plus d’un rêve…poursuivez donc vos routes qui doivent être bien longues et souvent bien tristes.


 


Mais si vous souriez, béatement, à l’idée d’un gardien un peu fou, un peu saoul, conversant à la tombée du jour avec une sirène, et si même ces mots vous attendrissent, alors prenez place dans ce phare peuplé d’histoire de vers et de magie….et soyez mes amis…


 


sirene


 

Histoire de parfums

Quoi de plus sensuel que la flagrance d'un parfum, qui reste en suspens dans l'air, collé à notre peau et toujours dans nos souvenirs.


Si je ne me rappelle plus toujours des noms ou des adresses les parfums restent présents dans mes souvenirs, du plus sucré au plus envoûtant, de la légère vanille à l'entêtant patchouli…


Je me souviens de ton parfum dans mon cou et sur mon torse, souvenir de cette étreinte furtive quelques instants plus tôt, je me souviens de l'eau de cologne dont me frictionnais ma grand-mère, je me souviens de ce parfum poison qui entêtait mes sens…


A chaque parfum son souvenir, à chaque souvenir son parfum…


Et aujourd'hui la pub se pare de ses plus beaux atours, et d'une originalité qui m'interpelle alors je vous fais partager mes spots préférés….


 













Retour au bercail

Bloggeuses, blogueurs,


 


Toutes les choses ont une fin qu'elles soient bonnes ou non, mais les bonnes ont tendance à s’achever plus rapidement … Hier j’ai quitté le plancher des vaches à bord de la chaloupe qui me ramène au Phare et en une vingtaine de minutes j’ai rejoins le bout de rocher qui me servira de logis pour les jours à venir… Pas de houle, la chaloupe des Phares et Balises a pu accoster, inutile de faire l’équilibriste cette fois…


 


Je laisse derrière moi ces quelques jours de repos, de retour à terre, de retour parmi les vivants, de retour à la société… Mon agoraphobie chronique en a pris un coup !


 


Pour la petite histoire, mes pas m’ont menés en Espagne, à Salou très exactement. Au gré de mes pérégrinations je tombais sur un panneau qui attirait ma curiosité « Far de Salou ». Tiens les Phares ici s’appellent Far, comme le Far breton (une de mes pâtisseries préférées avec le kouign aman), la boucle est bouclée… Bon je ne vous cache pas ma déception lorsque je découvrais cette verrue arrimée à la terre…  « Ah rien à voir avec nos bons vieux phares !! » me suis-je dit, un brin chauvin !!


 


far de salou


 


Enfin bref, je reprends mes quartiers et mes quarts au Phare… Sans regret, presque content de me retrouver face à face avec la solitude et les éléments tantôt apaisés, tantôt déchaînés…Ah elles me manquaient ces odeurs, celle de la cire patinant les vieux meubles, les odeurs marines s’engouffrant par les hublots, celles iodées du goémon échoué à marée basse, les odeurs d’huiles et de graisses alimentant rouages et vérins, celles de la poussières se terrant dans des recoins inaccessibles, les odeurs de vieux, les odeurs de tabac froid autour de ma pipe d’écume et celles de la cheminée… Et ces bruits : le sifflement du vent, le clapot de la mer, le claquement des vagues, les grincements, les couinements et les silences…


 


Je suis rentré chez moi, des souvenirs dans ma musette et des réponses à mes questions, de nouvelles questions sans réponses, de nouvelles certitudes et de nouvelles incertitudes… Je jette tout ça dans mon encrier, la plume frémit, le Phare revit et le troquet s’éveille….


Relève

Blogueuses, blogueurs,


 


L'heure de la relève a sonné !!


Le gardien2phare se retire 15 jours à terre pour un peu de repos sous des cieux étrangers.


Pendant ce temps la porte reste ouverte et le troquet aussi.


Promenez vous buvez un verre, faîte comme chez vous !!


Rendez-vous le 31 août pour rallumer la lanterne de ces lieux.


AMITIES A TOUS


 


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Proverbes bretons

Blogueurs, blogueuses,


 


C’est les vacances et certains d’entre vous vont certainement sillonner les régions françaises.


 


Pour ceux qui trainerait leurs guêtres sur le sol breton, je vous distille (mot très apprécié en Bretagne) quelques petits proverbes qui vous aideront à démarrer une conversation avec les gens du cru.


 


Bien sûr ce n’est pas les sérieux proverbes que vous trouverez sur Wikipédia, mais bien les proverbes de bistrot, de ceux que l’on entend au zinc des p’tits troquets sur le port.


 


Bonne lecture !!!


 


 


« En Bretagne il ne pleut que sur les cons » (et oui les bretons ont des parapluies !!)


 


« En Bretagne on boira du lait quand les vaches mangeront du raisin »


 


«  Qui pisse au vent se rince les dents. »


 


« Goéland sur le mât, fiente sur toi. »


 


« Qui trop écoute la météo, passe sa vie au bistrot »


 


« Horizon pas net, reste à la buvette »


 


« Mouette qui vole bec au vent, signe de mauvais temps


Mouette qui ne vole plus, il ne fera pas beau non plus »


 


«  Mouette qui pète, gare à la tempête ».


 


«  De retour au port, le rouge est à bâbord, le vert est à tribord et le verre de rouge à ras bord »


 


« Quand les mouettes ont pied, il est temps de virer »


 


« Quand le goéland se gratte le gland, signe de mauvais temps


Quand il se gratte le cul, pas beau non plus »


 


« Avec l’envie de se marier on peut faire le tour du monde mais avec l’envie de chier on ne peut pas » (Gant ar c’hoant climezin e c’heller ober tro ar bed, med gant ar c’hoant kac’hat ne c’heller ket)


 


« Tous les chemins mènent au rhum »


 


« Il vaut mieux être saoul que con ca dure moins longtemps »


 


«  Qui boit la gnole, casse la bagnole »


 


En espérant que ce petit billet vous sera utile dans vos déambulations !!!


 


Sur ce je vous souhaite une belle journée.


 


Gardien2Phare.


proverbe breton

Award Star light – mon palmares

award


 


A mon tour donc de distribuer ce prix à 6 blogs que je considère comme méritant…


 


http://enigmakalis.bloguez.com/


Amie de longtemps qui m'a rejoint en ces lieux. Pour ton travail de l'ombre, tes mots justes et tes photos de qualité !!


Pour ton amitié, ta présence et mes absences !!


 


http://pfaffaimee.bloguez.com/


Un pinceau virevoltant et des mots acides et justes… Pour le plaisir des yeux et les sourires au coin des lèvres à la lecture de tes billets… et pour saluer ton courage !


 


http://mauxenne.bloguez.com/


Quand la haine anime les mots, que les mots apaisent les maux… Pour tes apnées en écriture, ton souffle court et tes mots justes… Pour Toi l'inconnue devenue Belle Amie…


 


http://monazimba.bloguez.com/


Ce n'est pas un retour de politesse !! J'aime me perdre dans les steppes et t'écouter nous conter ces légendes… Pour la beauté, la sagesse, l'apprentissage et le dépaysement.


 


http://coeurpolynesie.bloguez.com/


Le rayon de soleil qui perce la grisaille du quotidien… Pour les marchés, les ballades, les découverte… Pour cet retraite de Gardien sur l'île !!


 


http://agacement.bloguez.com/


En voilà un qu'une telle distinction risque d'agacer… Et bien tant mieux ca sera l'occasion de lire un billet vitriol… Pour tes analyses cyniques, peut importe qu'elles soient justes, et ta vision agacée du monde !!


 


Voilà mon palmarés, je n'oublie pas tous les autres que je félicite aussi et que j'encourage à poursuivre dans leur voie !!!


 


En guise de mot de fin je remet une dernier Award à http://perec2.bloguez.com/ qui rappelait les souvenirs à nos mémoires. Je me souviens qu'il écrivait des chroniques brèves mais toutes chargées de souvenirs… Je me souviens que son dernier billet date du 17/05/2009…